L’été se termine, voici venu le temps de récoltes agréables : raisins, poires et pommes, noix et noisettes, au potager des tomates gorgées de soleil, des promesses de radis, de blettes et j’en passe! Mais voilà! Cette année, certaines récoltes sont bien minces! Tout l’été, la France a suffoqué sous les canicules et de nombreux jardins ont bien souffert. L’ensoleillement estival, la chaleur intense, le manque de pluie ont desséché les cultures et les fruits.
On est passé de l’adage paysan « le mauvais temps, c’est le temps qui dure » à la nécessité vitale de réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de réduire également les impacts sur la population, la faune et la flore. Sur le vivant. C’est notre souveraineté alimentaire qui est mise en péril par la modification si rapide du climat.
Comment s’en sortir ?
Comment adapter nos jardins à ces périodes difficiles et les garder productifs et sains ? Des jardins nourriciers dans lesquels la vie foisonne alors que la plupart de nos sols sont aujourd’hui dégradés par les activités humaines (bétonisation, perte de matière organique, érosion et baisse de la fertilité).
Causses Compost, avec le Réseau Compost Citoyen Occitanie, insiste sur l’importance des sols vivants pour réguler les températures et limiter la sécheresse. Le compostage sous toutes ses formes et la gestion de proximité des restes alimentaires et résidus des jardins sont une réponse efficace !
Le compostage et le jardinage au naturel jouent en effet un rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pour Blaise Leclerc (Les clés d’un sol vivant, Blaise Leclerc, 2017), le sol est à considérer comme une entité vivante et on peut parler de Sol Vivant. C’est le seul milieu vivant qui lie le vivant (le monde organique) et l’inerte (le monde minéral). Ce lien, assuré par des êtres vivants de toute taille, est la clé de la fertilité de nos jardins.

C’est la plus grande réserve de carbone organique : Il influence la composition de l’atmosphère en recyclant les matières organiques. D’un côté, il est émetteur de gaz à effet de serre lorsque les matières organiques se dégradent, mais de l’autre côté il contribue au stockage de carbone lorsqu’elles s’y accumulent. S’il n’est pas perturbé, il stocke plus qu’il n’émet. Il y a plus de carbone dans le sol que dans la végétation qui le recouvre et l’atmosphère réunies. La bonne gestion des sols peut contribuer à lutter contre le changement climatique. De plus, les sols vivants et riches captent le carbone présent dans l’atmosphère : plus il y a de carbone dans les sols, moins il y en a dans l’atmosphère.
La vitesse de formation d’un sol est très lente, de l’ordre de 1 millimètre par siècle. Tandis qu’en quelques décennies de mauvaises pratiques de culture peuvent détruire plusieurs centimètres de sol et les envoyer à la rivière puis à la mer (B.Leclerc, 2017). Les sols vivants permettent aussi de limiter des effets des canicules car ils rafraîchissent et retiennent mieux l’eau, évitant ainsi l’érosion.

Chacune et chacun peut agir
Le mot d’ordre : réduire et valoriser nos matières organiques. En triant et en compostant nos restes alimentaires, en utilisant le compost dans ses pots, ses jardinières ou son jardin, mais aussi en jardinant et utilisant sur place les résidus de végétaux. Ce sont donc des solutions à privilégier pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Composter ses restes alimentaires et utiliser sur place les résidus de jardin, permet d’éviter les nombreux déplacements des véhicules pour transporter nos déchets. L’apport de compost au sol diminue ou évite l’achat de terreau contenant de la tourbe, process destructeur de sol et libérateur de Co2 stocké depuis des siècles.
Les entreprises et collectivités doivent aussi mettre en œuvre des solutions de tri des restes alimentaires, réduire la bétonisation, créer ou adapter leurs espaces verts.
Des gestes simples au service de la fertilité des sols
Composter, pailler, nourrir les sols sont à la fois des solutions simples, rapides et économes pour lutter contre les canicules et mieux nous y adapter.
Enfin, pour rappel, le brûlage des végétaux à l’air libre est strictement interdit depuis 2011 et constitue un risque majeur d’incendies dans nos territoires, particulièrement concernés. Ce délit est passible de 750 € d’amende car il émet énormément de particules fines délétères pour notre santé.
Des moments privilégiés sur notre territoire Aveyronnais
pour connaître et comprendre les enjeux, pour se motiver à changer nos pratiques ou les partager, l’association Causses Compost, spécialiste de la mise en place du compostage collectif, vous convie aux évènements suivants lors de la période de la Fête du sol vivant, du 3 au 18 octobre 2026.
- La première rencontre départementale organisée par le Réseau Compost Citoyen Occitanie sur la Prévention et la Gestion de Proximité des déchets à Millau le 6 octobre prochain : information et inscription ICI
- La causerie sur les usages du compost à Nant le jeudi 8 octobre de 18h à 20h. Organisée par la Communauté de communes Larzac et Vallée et animée par Causses Compost, gratuit. informations ICI
- Une permanence sur les sites partagés à Millau de 10h à 12h : le samedis 10 octobre et les dimanches 4 et 11 octobre : sur les quais Sully Chaliès, 12100 Millau

